Auto Trends - Essais routiers
Citroën DS4
Octobre 17, 2011 | 1:09
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Anticonformisme, acte II


Citroën étoffe sa ligne distinctive DS en proposant la DS4 : un véhicule qui se complait à jouer le mélange des genres en réunissant les codes des coupés, des berlines et des crossover. Avec, à la clé, un mariage intéressant ?



On ne présente plus les lettres DS. Après avoir créé le buzz en annonçant le retour de la mythique appellation, Citroën continue d’étoffer sa ligne distinctive parallèlement à ses modèles «C» plus classiques.

Entre la petite sportive pétillante au succès incontestable qu’est la DS3 et en attendant le vaisseau haut de gamme DS5 programmé pour le prochain Salon de Bruxelles, la DS4 joue la carte du mélange des genres.
Basé sur la récente C4, ce modèle voulu plus haut de gamme s’en distingue par sa carrosserie originale mêlant les aspects pratiques d’une berline (5 portes et coffre généreux) au look dynamique des coupés (ceinture de caisse fuyante, portes arrière dissimulées) et à la hauteur de caisse rassurante des SUV (l’assiette a été rehaussée de 3 cm par rapport à la C4). Bref, voilà un modèle d’un genre nouveau difficilement classable dans les segments automobiles établis. Le résultat n’en semble pas moins intéressant, surtout si l’on considère le prix de la «plus belle voiture de l’année» remporté par la DS4 sur base du vote de 60 000 internautes issus de 62 pays différents. 
Prix : 23.430 € TVAC

Puissance : 112 ch

V-max : 190 km/h

Conso. mixte : 4,7l/100km
CO2 : 122 g/km 


Cocon lumineux

La DS4 continue de jouer la carte du mélange des genres dans l’habitacle. On retrouve ainsi un heureux mariage entre l’atmosphère typique d’un coupé avec la ceinture de caisse haute couplée à un ciel de toit noir et l’étonnant pare-brise panoramique plutôt inspiré de l’univers des monovolumes. Bonne idée : cette touche lumineuse permet d’éviter l’écueil de l’habitacle foncé oppressant typique des coupés.
Le niveau de finition atteint sur la DS4 frôle également la perfection. Surtout si l’on opte pour le cuir intégral, qui recouvre également le tableau de bord. Avec, cerise sur le gâteau, la confection en bracelet de montre des sièges en cuir (qui offrent, en outre, une fonction massage). Citroën met les petits plats dans les grands pour aller chercher des clients exigeants : voilà un habitacle qui bénéficie d’un traitement exclusif inédit pour le segment. Clôturons tout de même ce premier tour du propriétaire par quelques griefs : le pare-brise remontant fort haut sur le pavillon interdit la présence de poignées de maintien sur le ciel de toit. Pour diminuer les coûts, le volant a également été intégralement repris de la sœur C4.
En plus d’un nombre assez impressionnant de boutons et autres interrupteurs, ce dernier paraît un peu grand et trop classique à bord de la DS4 plus dynamique. A cause de la forme très travaillée des portières postérieures, les vitres arrière restent également désespérément fixes. Désolé pour les passagers claustrophobes ! Cela dit, pour un «coupé», l’espace habitable sur la banquette s’avère relativement généreuse. Tout comme le volume de coffre, d’ailleurs (370 litres, c’est 20 de plus qu’une Golf).
 

Dynamisme exacerbé

Le temps de s’extirper du centre ville de Barcelone, il nous tarde de rejoindre les lacets serpentant dans l’arrière pays catalan. Il faut dire que si les modifications apportées aux liaisons au sol de la C4 permettent de la transfigure sur la DS4 comme c’est le cas sur la DS3 par rapport à la C3, on risque bien de s’amuser !
  Seule inconnue dans l’équation : la hauteur de caisse surélevée de 3 cm. Généralement, les règles élémentaires de la physique imposent effectivement d’effectuer la manœuvre inverse lorsque l’on tente de proposer une version plus sportive… Après quelques kilomètres, on oublie toutefois rapidement cette histoire de centimètres ! D’une part car cette assiette rehaussée ne change pas grand-chose à la position de conduite. Et d’autre part, car le travail effectué par les ingénieurs sur les trains roulants (barres antiroulis au diamètre plus important, ressorts d’amortisseurs spécifiques…) rend effectivement la DS4 diablement efficace. Le train avant est tranchant et le train arrière du genre participatif. Bref, voilà une voiture qui parvient à conjuguer plaisir de conduite et confort de marche. Bravo, on en redemande ! +

Comportement routier dynamique

Motorisations modernes

Finition de l’habitacle

Equipement optionnel disponible haut de gamme


Vitres arrière fixes

Pas de poignée de maintien à l’avant
Mécaniques modernes
Sur le plan mécanique, la DS4 justifie son positionnement haut de gamme en proposant des mécaniques puissantes : 2.0 HDI 160 et 1.6 THP 200ch. Seules mécaniques proposées lors de cette première prise en main, elles assurent évidemment des performances de premier ordre à la DS4. Le 2.0 HDI affiche une souplesse et une allonge agréables tout en restant toujours discret. Le second, au contraire, profite du «sound system», soit un artifice piqué sur l’admission, pour gratifier les passagers d’une sonorité diablement envoutante. Même si elles s’avèrent amusantes à manier, ces mécaniques ne devraient toutefois pas représenter la majorité des ventes chez nous. Au contraire des moteurs d’accès essence 1.6 VTI 120ch / 1.6 THP 155ch et, bien évidemment, surtout diesel : 1.6 HDI 90 ou 110 chevaux. Cette dernière mécanique héritera, dès le lancement, de la technologie micro-hybride e-HDI. Ce système évolué de Stop&Start (basé sur un alterno-démarreur, plus coûteux mais également plus efficace qu’un simple démarreur renforcé) assure des séquences de coupure et de redémarrage du moteur particulièrement discrètes. Seul bémol : dans un premier temps, du moins, ce système n’est proposé qu’en combinaison avec la boîte robotisée à six rapports. Imposant un rythme saccadé, cette transmission ne participe pas à l’agrément général de conduite pourtant atout principal de cette DS4.
La DS4 1.6 HDI 112
en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne,
common-rail turbo diesel, 1.560cc;
112ch à 3.600tr/min;
270 (285)Nm à 2.000tr/min.


Transmission : roues avant.
Boîte : manuelle ou robotisée à 6 rapports.
L/l/h : 4.275/1.810/1.522 mm
Poids à vide (kg): 1.290
Coffre (l) : 370
Réservoir (l) : 60
0 à 100 km/h (sec.) : 11,3


Conclusion

Citroën n’a pas menti : la DS4 prend effectivement ses distances avec sa sœur C4 pour proposer un niveau de raffinement et de dynamisme supérieurs. Bravo !


Jean-François Christiaens




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