L’habit ne fait pas le moine
Jamais une Citroën n’avait accéléré aussi fort dans l’histoire de la marque. Mais ne vous fiez pas aux apparences : on est bien loin de la nouvelle monture de Sébastien Loeb !
Pourtant, c’est bien le septuple champion du monde des rallyes qui prête son image à la pub de la DS 3 R, marketing oblige. Et c’est aussi la première fois que l’équipe de Citroën Racing met son nez dans le développement d’une voiture de série.
D’ailleurs, jamais un modèle de la marque au double chevron n’a accéléré aussi fort : 0 à 100 km/h en 6,5 secondes. C’est du sérieux. Mais si le «R» de DS3 R signifie bien «Racing», cette voiture reste avant tout une petite bourgeoise et soigne son image. Plutôt bien d’ailleurs, puisque la DS3 vient de passer devant la Mini en termes de vente sur le marché belge. Pas mal, même si la française est positionnée plus bas en termes de prix, ce qui permet naturellement de faire plus de volume.
Du carbone, du vrai !
Davantage encore que les autres
versions, cette DS3 R soigne son look. Deux combinaisons de couleurs
sont proposées : gris et blanc, ou orange et noir comme notre voiture
d’essai. Les graphistes s’en sont donné à cœur joie en collant un
maximum d’autocollants de tous les côtés. Certains apprécieront,
d’autres moins…
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Ce qui est sûr, par contre, c’est que les inserts «look
carbone» ne sont pas du chiqué. C’est du carbone, du vrai. Et Citroën
n’a pas lésiné : diffuseur arrière, face avant, baguettes latérales, bas
de caisse, tableau de bord, contre-portes… Il y en a partout. Les
jantes aussi sont assez exceptionnelles. Elles utilisent la technologie
«Reverse» qui consiste à déplacer le creux de la jante de l’extérieur
vers l’intérieur de manière à permettre au pneu de mieux travailler.
Elles sont également plus légères de 5% et semblent plus grandes
visuellement. Par contre, attention aux créneaux et aux trottoirs car
elles sont plutôt affleurantes…
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Prix : 31.420 € TVAC
Puissance : 207 ch
V-max : 235 km/h
Conso. mixte : 6,4l/100km
CO2 : 149 g/km
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Série… illimitée
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L’habitacle de cette DS 3 R est plutôt osé
également, avec de l’orange (ou du gris) un peu partout et, ici aussi,
les fameux autocollants. Une petite plaque fixée au plafonnier rappelle
qu’on est bien dans une voiture «de sport». En réalité, elle était
prévue pour afficher le numéro de fabrication car dans un premier temps,
la DS 3 R devait être une série limitée. Mais finalement, Citroën va en
produire 2.000 par an (90 par an pour la Belgique). Les baquets sont
plutôt impressionnants, mais il suffit de se glisser dedans pour se
rendre compte qu’ils ne moulent pas vraiment le corps et privilégient
plutôt le confort. Un tour de clé et le 4 cylindres 1.6 Turbo s’ébroue
dans une sonorité étudiée (merci l’échappement). Par rapport à la
version THP, il gagne 57 chevaux (207ch), et son couple passe de 240 à
275 Nm. Pour y parvenir, le travail a principalement porté sur le turbo
(qui souffle désormais à 2,2 bars) et la cartographie du moteur. |
Merci Brembo !
Extrêmement souple et très élastique (la courbe de
couple est plate de 2.000 à 4.500 tr/min), ce moteur est certes très
disponible, mais manque un peu de caractère. On l’a dit, cette DS 3 R
n’est pas une sportive pure et dure. Par rapport aux autres DS 3, les
voies ont été élargies de 20 mm et l’assiette abaissée de 15 mm. La
direction a également été reparamétrée pour plus de consistance.
Par
contre, aucun autobloquant (ni mécanique ni électronique) n’est présent
sur le train avant, qui a parfois bien du mal à passer la puissance au
sol, surtout sur les routes froides et mouillées qui caractérisaient
notre parcours d’essai. Et même si l’ESP a été recalibré, il se montre
rapidement intrusif. Mieux vaut donc le déconnecter entièrement pour
exploiter tout le potentiel de la voiture. Mais le train arrière restera
figé et seul l’avant glissera en attaquant, ce qui est bien loin du
comportement rêvé pour une petite sportive.
Dommage, avec la présence de
l’ESP, Citroën aurait pu se permettre de réaliser une voiture un peu
plus pointue, plus fun et plus efficace, sans faire prendre de risques
aux mauvais conducteurs. «Nos pilotes nous ont dit que c’était très bien
comme ça», nous a rétorqué Citroën. S’ils le disent… C’est qu’ils sont
très bien payés pour le faire !
Enfin, il y a quand même un point sur
lequel cette DS 3 R est irréprochable : le freinage. Puissance,
endurance : tout y est, et c’est assez rare pour être souligné. Il faut
dire que les ingénieurs de Citroën Racing ont fait appel à des étriers
Brembo à 4 pistons sur les roues avant. Bien vu ! |
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Freinage exceptionnel
Inserts en «vrai carbone»
Disponibilité du moteur
Consommation raisonnable
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Si le «R» de DS3 R signifie bien «Racing», cette voiture reste avant tout une petite bourgeoise et soigne son image.
Un
tour de clé et le 4 cylindres 1.6 Turbo s’ébroue dans une sonorité
étudiée (merci l’échappement). Par rapport à la version THP, il gagne 57
chevaux (207ch), et son couple passe de 240 à 275 Nm. Pour y parvenir,
le travail a principalement porté sur le turbo (qui souffle désormais à
2,2 bars) et la cartographie du moteur. |
La Citroën DS 3 R
en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne, 1.598cc; 207ch à 6.000tr/min; 275Nm à 2.000tr/min.
Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle à 6 rapports.
L/l/h (mm) : 3.962/1.717/1.443
Poids à vide (kg) : 1.165
Volume du coffre (l) : 285
Réservoir (l) : 50
0 à 100 km/h (sec.) : 6,5
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Motricité perfectible
Comportement sous-vireur
ESP castrateur |
Citroën n’a pas voulu proposer une voiture trop radicale, du moins dans son comportement… Les amateurs de sport resteront donc sur leur faim. Les fans de tuning, eux, apprécieront.
Par Frédéric De Backer