Douce séduction
A
l’aube de cette nouvelle année, un petit coup d’œil dans le rétroviseur
nous apprend qu’au cumul total des ventes en Belgique, Renault et
Volkswagen se sont partagé les deux premières places en 2010 sur notre
marché. Un succès qu’ils doivent, en partie, à leurs berlines compactes
respectives qui continuent de cadenasser le segment. Jusqu’ici, les
nombreuses prétendantes n’ont effectivement pas réussi à renverser la
suprématie des Mégane et Golf. En renouvelant sa C4, Citroën
parviendra-t-il à inverser la tendance ?
Les
Belges ont peut-être une brique dans le ventre, mais ils ont
certainement aussi un volant à la place du cœur ! Si certains marchés
européens peinent encore à renouer avec des chiffres positifs, les
immatriculations de voitures neuves dans notre Royaume continuent
d’atteindre des sommets. C’est bien simple : 2010 devient le nouveau
record absolu des immatriculations dans l’Histoire de la Belgique. Parmi
les modèles les plus vendus sur notre marché, on retrouve la Renault
Mégane et la VW Golf. Après l’Opel Astra et l’Alfa Giulietta, c’est au
tour de la Citroën C4 de se lancer à l’assaut de ces deux ténors.
Silhouette unique
Chez
Citroën, on possède les capacités logistiques pour produire deux formes
de carrosserie autour de la C4. Si la précédente génération se dérivait
en coupé (3 portes) et en berline, la nouvelle venue devra toutefois se
contenter de son unique version 5 portes. L’autre unité de production
de Citroën sera, en effet, entièrement accaparée par le futur modèle
haut de gamme DS4 attendu pour le mois d’avril. Si vous cherchez un
modèle au look plus sportif ou, au contraire, plus pratique, il faudra
donc aller voir chez les concurrents : Citroën ne proposera ni break ni
coupé dérivé de sa C4.
Comme
chez Renault au moment de renouveler sa Mégane, on sent chez Citroën
une certaine retenue sur le plan stylistique. Si l’on remonte un peu
dans sa mémoire, on se souviendra en effet que tant la précédente Mégane
(avec sa partie arrière en forme de bec de canard) que la première C4
du nom (avec sa calandre intégrant pour la première fois les chevrons et
sa poupe arrondie) avaient provoqué un certain émoi. Pour plaire à un
plus large public, les marques françaises jouent cette fois la carte de
la modération. On retrouve une petite pointe de modernité dans quelques
détails (comme le capot nervuré en arc de cercle sur la Renault), mais
globalement le style rentre dans le rang. Ce qui, pour le vieillissement
du modèle, n’est peut-être pas une mauvaise chose en soi. Mais la
raison principale de cette modération stylistique est surtout à chercher
dans le résultat des ventes très contrasté sur les différents marchés.
Les précédentes C4 et Mégane avaient, en effet, rencontré un succès très
disparate en fonction des pays dans lesquels elles étaient
commercialisées. Leçon retenue par les Français : lorsqu’on propose un
modèle à l’esthétique très typée, suivant les goûts locaux, on s’assure
soit un carton, soit un flop… L’école Volkswagen, qui ne fait évoluer la
robe de sa Golf que par petites touches, semble avoir fait des
disciples de l’autre côté du Rhin. La séduction, d’accord, mais en
douceur !
Vous vouliez du coffre ?
Inutile
de réinventer la roue à chaque fois… Bien qu’il s’agisse de nouveaux
modèles, nos trois prétendantes partagent une grande partie de leurs
entrailles techniques avec leur devancière. A l’instar de la Golf et de
la Mégane, la Citroën C4 ne déroge pas à la règle. Elle se positionne
sur la plate-forme PSA du couple C4/307, déjà reprise par la Peugeot
308. Pour cette nouvelle mouture, Citroën a toutefois pris la liberté
d’allonger la carrosserie de 5 cm afin de couper court aux critiques
émises concernant le volume de coffre trop petit de la précédente
version. Du coup, même si le profil perd en fluidité (le porte-à-faux
arrière est assez important), le coffre de la C4 passe du label «plus
petit» de la catégorie à «nouvelle référence» du genre avec ses 408
litres (320 précédemment). Tout en affichant un encombrement extérieur
légèrement inférieur (-3,5 cm), la Renault propose un volume quasiment
aussi vaste (405l). Dans les deux cas, on dispose donc d’une réserve
largement suffisante pour affronter les épreuves de la vie courante :
depuis les courses au supermarché jusqu’au grand départ en vacances.
Plus compacte (-13 cm par rapport à la Citroën), la Golf ferme la marche
avec son coffre de seulement 350 litres. Un volume inférieur que
l’allemande doit à la profondeur disponible moins généreuse. Pour une
utilisation extrême, la Volkswagen s’avère donc un peu moins
polyvalente. Cela dit, au quotidien, il y a déjà largement de quoi se
débrouiller. D’autant plus que le seuil de chargement est relativement
bas et les arrêtes intérieures rectilignes aisément exploitables. Avant
de prendre le volant, grimpons vite aux places arrière. Assis plus bas,
les passagers de la Golf jouiront de la garde au toit la plus généreuse.
A bord de la Citroën, cette dernière s’avérera d’ailleurs un peu
limitée si l’on opte pour le toit panoramique vitré. La C4 présente
toutefois la meilleure largeur aux coudes. Mais bon, dans les trois cas,
deux adultes partageront sans problème la route avec vous depuis la
banquette arrière.
Guerre vitrée
Justement,
prenons-la, la route ! On a devant nous plusieurs centaines de
kilomètres pour nous intéresser un peu plus à l’habitacle de nos trois
concurrentes. Tout en jetant un petit coup d’œil à travers le
pare-brise, évidemment ! Débutons ce tour du propriétaire avec la Golf.
Si l’on se base sur des critères purement objectifs, difficile de lui
adresser le moindre reproche. Les matériaux utilisés sont très
valorisants, les assemblages millimétriques, les commandes tombent
parfaitement en main et les différents cadrans sont lisibles au premier
coup d’œil. Si on laisse un peu parler ses émotions, on en reviendra
toutefois toujours au même grief : ce n’est pas très fun, tout ça ! La
présentation est ultra-classique et l’ambiance foncée un peu austère.
Sur ce point, la Mégane conserve une pointe d’originalité avec ses
cadrans mélangeant informations digitales et analogiques. Mais
globalement, à bord de la Mégane, c’est surtout l’énorme bond en avant
quant à la qualité des matériaux et de la finition par rapport à la
précédente génération que l’on apprécie. L’ambiance est assurément plus
haut de gamme que par le passé. Sur le plan de l’ergonomie, on déplorera
tout de même certaines commandes bizarrement placées (comme
l’interrupteur du combiné régulateur/limiteur de vitesse) ou peu
pratiques (comme les touches assez petites de la radio). A bord de la
Citroën, le premier constat est aussi très positif. Assurément, pour
s’aligner sur l’étalon allemand qu’est la Golf, les Français ont décidé
de faire monter en gamme leur modèle «intermédiaire». La C4 présente un
habitacle cossu et à la présentation très qualitative. Mention spéciale
pour l’ergonomie des fauteuils (du moins pour les finitions les plus
onéreuses), particulièrement reposante. Cela dit, les fidèles de la
marque aux chevrons déchanteront tout de même un peu. Comme pour
l’enveloppe extérieure, la conception de l’habitacle a perdu de
l’exotisme de la première mouture. Au rayon des disparitions, on
dénombre l’affichage translucide central et surtout, la marque de
fabrique de la première C4, le volant à moyeu fixe. «Une question de
poids», explique-t-on chez Citroën. Le module pèse en effet 1,5 kilos de
plus… A l’heure du grappillage maladif des grammes de CO2, c’est
beaucoup trop ! Cela dit, même s’il doit se forcer à tourner
vulgairement, le moyeu central du volant reste néanmoins frappé de
nombreux boutons. Une véritable centrale nucléaire ! Après avoir été
impressionné les premières heures, on apprend toutefois progressivement à
commander les différentes fonctions du bout des doigts.
Fidèle
à la philosophie de Citroën, la C4 mise avant tout sur le confort de
marche. En conduite plus active, on note toutefois des mouvements de
caisse légèrement plus marqués que sur la Peugeot 308.
Citroën C4 1.6 HDI 112
+
Confort de marche
Volume de coffre
Moteur performant
Insonorisation soignée
Habitacle moderne
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–
Garde au toit arrière avec toit pano
|
Le
coffre de la C4 passe du label «plus petit de la catégorie» à «nouvelle
référence» du genre avec ses 408 litres (320 précédemment).
La C4 présente un habitacle cossu et à la présentation très qualitative.
Montée en gamme
Cela
fait plusieurs heures que l’on dévore des bornes sur un réseau
autoroutier digne de ce nom et, franchement, on a presque l’impression
de voyager en première classe. Lorsqu’on ferme les yeux, on imaginerait
rouler dans une berline de la classe supérieure (il ne faut pas le
faire, hein, c’est une image !). En misant un maximum sur les isolants
phoniques, la Golf se montre la plus reposante. A des allures
autoroutières «allemandes», on conserve une insonorisation
exceptionnelle. Sans atteindre le même niveau de perfectionnement, les
deux concurrentes ne déméritent pas sur ce point. Les bruits mécaniques,
de roulement et de vent restent suffisamment feutrés dans les trois cas
pour garantir un voyage en toute décontraction. Sur le plan du
bien-être à bord, la Citroën se distingue en proposant des sièges
intégrant une fonction «massage». Et l’air de rien, on y prend vite
goût, au mouvement parcourant le bas des lombaires !
Renault Mégane 1.5 dCi 110
+
Confort de marche
Etagement de la boîte
Disponibilité du moteur
Poids contenu
Volume de coffre
|
 |
|
–
Direction peu communicative
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Filtrage irréprochable
Sur
un réseau routier plus torturé, on apprécie le haut niveau de filtrage
de nos trois concurrentes. Les nids de poules et autres tortures
traditionnelles ne remontent pas trop durement dans les vertèbres. Même
chez Volkswagen, qui privilégie généralement un toucher de route un peu
plus ferme, on propose un châssis de base typé confort sur la Golf. Les
clients plus exigeants sur le plan dynamique peuvent toujours opter pour
le système d’amortissement piloté (920 euros de supplément). Une
proposition inédite pour le segment. De son côté, la Mégane se profile
comme un parfait juste milieu entre conduite dynamique et confort de
marche. Au pire, pourra-t-on regretter encore un léger manque de retour
d’information dans la colonne de direction. Mais le progrès réalisé par
rapport à la précédente génération est déjà très appréciable. Fidèle à
la philosophie de Citroën, la C4 mise avant tout sur le confort de
marche. Les suspensions paraissent moins figées que celles de sa
cousine, la Peugeot 308. En conduite plus active, on note toutefois des
mouvements de caisse légèrement plus marqués. Cela dit, ils restent
toujours parfaitement maîtrisés.
En
misant un maximum sur les isolants phoniques, la Golf se montre la plus
reposante. Sans atteindre le même niveau de perfectionnement, les deux
concurrentes ne déméritent pas sur ce point.
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VW Golf 1.6 TDI 105
+
Consommation
Confort de marche
Finition
Insonorisation
Habitabilité
|
 |
|
–
Boîte 5 seulement
Rapports de boîte trop longs
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Misant
sur les émissions de CO2 les plus basses possibles et devant encore
compter sur une boîte manuelle à seulement 5 rapports, la Golf se voit
légèrement étouffée par la longue démultiplication de sa transmission.
Common-rail
Depuis
que Volkswagen a abandonné les injecteurs-pompes dans ses TDI, on ne
retrouve plus de différence très marquée avec les blocs diesel de la
concurrence. Si le 1.9 TDI était reconnaissable entre tous grâce à sa
vigueur et surtout à ses vibrations envahissantes, le nouveau 1.6 TDI
105 présente une carte de visite très semblable à celle du 1.6 HDI 112
du groupe PSA et au 1.5 dCi 110 de Renault. Dans les trois cas, on
apprécie le silence de fonctionnement et la souplesse dans les basses
rotations. Au final, la différence d’agrément entre les trois modèles
tient plutôt à leurs transmissions différentes. Misant sur les émissions
de CO2 les plus basses possibles et devant encore compter sur une boîte
manuelle à seulement 5 rapports, la Golf se voit légèrement étouffée
par la longue démultiplication de sa transmission. A 120 km/h, le régime
moteur de la Golf en 5ème est inférieur à celui de la Mégane en 6ème
(2.200 tr/min contre 2.450). Les reprises, et l’agrément de conduite,
se dégradent encore un peu si l’on opte pour le kit BlueMotion de
Volkswagen qui rallonge légèrement la démultiplication finale. Mais bon,
évidemment, si cela permet d’économiser 15% de la facture finale… Entre
les deux extrêmes (boîte relativement courte pour la Mégane et
relativement longue pour la Golf), la C4 présente une transmission aux
rapports intermédiaires correctement étagés et à la sixième vitesse
longue, parfaite pour les autoroutes (2.000 tr/min à 120 km/h).
Sur
le plan de l’automatisme, remarquons néanmoins que Volkswagen et
Renault proposent des boîtes à double embrayage particulièrement
convaincante. Chez Citroën, pour se passer de la pédale de gauche, il
faut encore compter sur une boîte robotisée relativement lente et peu
dynamique. A sa décharge, notons tout de même que le système retenu par
Citroën est proposé à un tarif un peu plus abordable que chez Renault
(1.100 euros de supplément contre 1.400 pour la EDC 6)… et beaucoup plus
que chez Volkswagen (2.150 euros pour la DSG 7).
Conclusion
Certes,
la nouvelle C4 perd un peu du charme exotique de sa devancière. Le bond
en avant sur le plan qualitatif est néanmoins notable et permet de
faire oublier rapidement la robe plus classique de la carrosserie.
Restant fidèle à la philosophie Citroën, la nouvelle C4 se profile comme
la plus confortable du segment. De son côté, grâce à un comportement un
peu plus mordant et à un accord moteur-boîte misant davantage sur les
performances, la Mégane 1.5 dCi 110 s’avère comme la plus amusante à
conduire. Quasiment exempte de défaut, la sixième génération de Golf
reste la valeur sûre du segment. Dommage toutefois que dans sa version
1.6 TDI 105, elle doive encore se contenter d’une boîte à 5 rapports à
l’étagement assez long.
|
La Citroën C4 1.6 HDI 112 en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne,
common-rail turbo diesel; 1.560cc;
112ch à 3.600tr/min;
270 (280) Nm à 2.000tr/min.
Transmission : roues avant.
Boîte : manuelle ou robotisée
à 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.329/1.789/1.489
Poids à vide (kg) : 1.275
Volume du coffre (l) : 408
0 à 100 km/h (sec.) : 11,3
V-max (km/h) : 190
Conso. mixte (l/100km) : 4,6
CO2 (g/km) : 119
Prix de base (euros TVAC) : 22.080
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La Renault Mégane 1.5 dCi 110 en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne,
common-rail turbo diesel, 1.461cc;
110ch à 4.000tr/min;
240Nm à 1.750 tr/min.
Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle ou double embrayage
à 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.295/1.808/1.471
Poids à vide (kg) : 1.215
Volume du coffre (l) : 405
0 à 100 km/h (sec.) : 10,5
V-max (km/h) : 190
Conso. mixte (l/100km) : 4,6
CO2 (g/km) : 120
Prix de base (euros TVAC) : 20.650
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La Golf 1.6 TDI 105 en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne,
common-rail diesel, 1.598cc,
105ch à 4.400tr/min,
250 Nm entre 1.500 et 2.500tr/min.
Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle à 5 rapports
ou double embrayage à 7 rapports
.
L/l/h (en mm) : 4.199/1.789/1.512
Poids à vide (kg) : 1.314
Volume du coffre (l) : 350
0 à 100 km/h (sec.) : 11,3
V-max (km/h) : 189
Conso.mixte (l/100km) : 4,5
CO2 (g/km) : 119
Prix de base (euros TVAC) : 21.447
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VIE A BORD
Habitabilité
1 Golf
2 C4
3 Mégane
Confort
1 C4
2 Mégane
3 Golf
Rangements
1 C4
2 Golf
3 Mégane
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SUR LA ROUTE
Performances
1 Mégane
2 C4
3 Golf
Agrément
1 Mégane
2 Golf
3 C4
Comportement
1 Mégane
2 Golf
3 C4
|
BUDGET
Prix
1 Mégane
2 C4
3 Golf
Equipement
1 Mégane
2 C4
3 Golf
Consommation
1 Golf
2 Mégane
3 C4
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