Auto Trends - Essais routiers
Citroën C4 1.6 HDI 112 - Renault Mégane 1.5 dCi 110 - VW Golf 1.6 TDI 105
Février 03, 2011 | 2:06
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Douce séduction


A l’aube de cette nouvelle année, un petit coup d’œil dans le rétroviseur nous apprend qu’au cumul total des ventes en Belgique, Renault et Volkswagen se sont partagé les deux premières places en 2010 sur notre marché. Un succès qu’ils doivent, en partie, à leurs berlines compactes respectives qui continuent de cadenasser le segment. Jusqu’ici, les nombreuses prétendantes n’ont effectivement pas réussi à renverser la suprématie des Mégane et Golf. En renouvelant sa C4, Citroën parviendra-t-il à inverser la tendance ?


Les Belges ont peut-être une brique dans le ventre, mais ils ont certainement aussi un volant à la place du cœur ! Si certains marchés européens peinent encore à renouer avec des chiffres positifs, les immatriculations de voitures neuves dans notre Royaume continuent d’atteindre des sommets. C’est bien simple : 2010 devient le nouveau record absolu des immatriculations dans l’Histoire de la Belgique. Parmi les modèles les plus vendus sur notre marché, on retrouve la Renault Mégane et la VW Golf. Après l’Opel Astra et l’Alfa Giulietta, c’est au tour de la Citroën C4 de se lancer à l’assaut de ces deux ténors.


Silhouette unique


Chez Citroën, on possède les capacités logistiques pour produire deux formes de carrosserie autour de la C4. Si la précédente génération se dérivait en coupé (3 portes) et en berline, la nouvelle venue devra toutefois se contenter de son unique version 5 portes. L’autre unité de production de Citroën sera, en effet, entièrement accaparée par le futur modèle haut de gamme DS4 attendu pour le mois d’avril. Si vous cherchez un modèle au look plus sportif ou, au contraire, plus pratique, il faudra donc aller voir chez les concurrents : Citroën ne proposera ni break ni coupé dérivé de sa C4.

Comme chez Renault au moment de renouveler sa Mégane, on sent chez Citroën une certaine retenue sur le plan stylistique. Si l’on remonte un peu dans sa mémoire, on se souviendra en effet que tant la précédente Mégane (avec sa partie arrière en forme de bec de canard) que la première C4 du nom (avec sa calandre intégrant pour la première fois les chevrons et sa poupe arrondie) avaient provoqué un certain émoi. Pour plaire à un plus large public, les marques françaises jouent cette fois la carte de la modération. On retrouve une petite pointe de modernité dans quelques détails (comme le capot nervuré en arc de cercle sur la Renault), mais globalement le style rentre dans le rang. Ce qui, pour le vieillissement du modèle, n’est peut-être pas une mauvaise chose en soi. Mais la raison principale de cette modération stylistique est surtout à chercher dans le résultat des ventes très contrasté sur les différents marchés. Les précédentes C4 et Mégane avaient, en effet, rencontré un succès très disparate en fonction des pays dans lesquels elles étaient commercialisées. Leçon retenue par les Français : lorsqu’on propose un modèle à l’esthétique très typée, suivant les goûts locaux, on s’assure soit un carton, soit un flop… L’école Volkswagen, qui ne fait évoluer la robe de sa Golf que par petites touches, semble avoir fait des disciples de l’autre côté du Rhin. La séduction, d’accord, mais en douceur !


Vous vouliez du coffre ?


Inutile de réinventer la roue à chaque fois… Bien qu’il s’agisse de nouveaux modèles, nos trois prétendantes partagent une grande partie de leurs entrailles techniques avec leur devancière. A l’instar de la Golf et de la Mégane, la Citroën C4 ne déroge pas à la règle. Elle se positionne sur la plate-forme PSA du couple C4/307, déjà reprise par la Peugeot 308. Pour cette nouvelle mouture, Citroën a toutefois pris la liberté d’allonger la carrosserie de 5 cm afin de couper court aux critiques émises concernant le volume de coffre trop petit de la précédente version. Du coup, même si le profil perd en fluidité (le porte-à-faux arrière est assez important), le coffre de la C4 passe du label «plus petit» de la catégorie à «nouvelle référence» du genre avec ses 408 litres (320 précédemment). Tout en affichant un encombrement extérieur légèrement inférieur (-3,5 cm), la Renault propose un volume quasiment aussi vaste (405l). Dans les deux cas, on dispose donc d’une réserve largement suffisante pour affronter les épreuves de la vie courante : depuis les courses au supermarché jusqu’au grand départ en vacances. Plus compacte (-13 cm par rapport à la Citroën), la Golf ferme la marche avec son coffre de seulement 350 litres. Un volume inférieur que l’allemande doit à la profondeur disponible moins généreuse. Pour une utilisation extrême, la Volkswagen s’avère donc un peu moins polyvalente. Cela dit, au quotidien, il y a déjà largement de quoi se débrouiller. D’autant plus que le seuil de chargement est relativement bas et les arrêtes intérieures rectilignes aisément exploitables. Avant de prendre le volant, grimpons vite aux places arrière. Assis plus bas, les passagers de la Golf jouiront de la garde au toit la plus généreuse. A bord de la Citroën, cette dernière s’avérera d’ailleurs un peu limitée si l’on opte pour le toit panoramique vitré. La C4 présente toutefois la meilleure largeur aux coudes. Mais bon, dans les trois cas, deux adultes partageront sans problème la route avec vous depuis la banquette arrière.


Guerre vitrée


Justement, prenons-la, la route ! On a devant nous plusieurs centaines de kilomètres pour nous intéresser un peu plus à l’habitacle de nos trois concurrentes. Tout en jetant un petit coup d’œil à travers le pare-brise, évidemment ! Débutons ce tour du propriétaire avec la Golf. Si l’on se base sur des critères purement objectifs, difficile de lui adresser le moindre reproche. Les matériaux utilisés sont très valorisants, les assemblages millimétriques, les commandes tombent parfaitement en main et les différents cadrans sont lisibles au premier coup d’œil. Si on laisse un peu parler ses émotions, on en reviendra toutefois toujours au même grief : ce n’est pas très fun, tout ça ! La présentation est ultra-classique et l’ambiance foncée un peu austère. Sur ce point, la Mégane conserve une pointe d’originalité avec ses cadrans mélangeant informations digitales et analogiques. Mais globalement, à bord de la Mégane, c’est surtout l’énorme bond en avant quant à la qualité des matériaux et de la finition par rapport à la précédente génération que l’on apprécie. L’ambiance est assurément plus haut de gamme que par le passé. Sur le plan de l’ergonomie, on déplorera tout de même certaines commandes bizarrement placées (comme l’interrupteur du combiné régulateur/limiteur de vitesse) ou peu pratiques (comme les touches assez petites de la radio). A bord de la Citroën, le premier constat est aussi très positif. Assurément, pour s’aligner sur l’étalon allemand qu’est la Golf, les Français ont décidé de faire monter en gamme leur modèle «intermédiaire». La C4 présente un habitacle cossu et à la présentation très qualitative. Mention spéciale pour l’ergonomie des fauteuils (du moins pour les finitions les plus onéreuses), particulièrement reposante. Cela dit, les fidèles de la marque aux chevrons déchanteront tout de même un peu. Comme pour l’enveloppe extérieure, la conception de l’habitacle a perdu de l’exotisme de la première mouture. Au rayon des disparitions, on dénombre l’affichage translucide central et surtout, la marque de fabrique de la première C4, le volant à moyeu fixe. «Une question de poids», explique-t-on chez Citroën. Le module pèse en effet 1,5 kilos de plus… A l’heure du grappillage maladif des grammes de CO2, c’est beaucoup trop ! Cela dit, même s’il doit se forcer à tourner vulgairement, le moyeu central du volant reste néanmoins frappé de nombreux boutons. Une véritable centrale nucléaire ! Après avoir été impressionné les premières heures, on apprend toutefois progressivement à commander les différentes fonctions du bout des doigts.


Fidèle à la philosophie de Citroën, la C4 mise avant tout sur le confort de marche. En conduite plus active, on note toutefois des mouvements de caisse légèrement plus marqués que sur la Peugeot 308.


Citroën C4 1.6 HDI 112


+

Confort de marche

Volume de coffre

Moteur performant

Insonorisation soignée

Habitacle moderne



 

Garde au toit arrière avec toit pano

Le coffre de la C4 passe du label «plus petit de la catégorie» à «nouvelle référence» du genre avec ses 408 litres (320 précédemment).

La C4 présente un habitacle cossu et à la présentation très qualitative.

Montée en gamme


Cela fait plusieurs heures que l’on dévore des bornes sur un réseau autoroutier digne de ce nom et, franchement, on a presque l’impression de voyager en première classe. Lorsqu’on ferme les yeux, on imaginerait rouler dans une berline de la classe supérieure (il ne faut pas le faire, hein, c’est une image !). En misant un maximum sur les isolants phoniques, la Golf se montre la plus reposante. A des allures autoroutières «allemandes», on conserve une insonorisation exceptionnelle. Sans atteindre le même niveau de perfectionnement, les deux concurrentes ne déméritent pas sur ce point. Les bruits mécaniques, de roulement et de vent restent suffisamment feutrés dans les trois cas pour garantir un voyage en toute décontraction. Sur le plan du bien-être à bord, la Citroën se distingue en proposant des sièges intégrant une fonction «massage». Et l’air de rien, on y prend vite goût, au mouvement parcourant le bas des lombaires !



Renault Mégane 1.5 dCi 110


+

Confort de marche

Etagement de la boîte

Disponibilité du moteur

Poids contenu

Volume de coffre



 


Direction peu communicative



Filtrage irréprochable


Sur un réseau routier plus torturé, on apprécie le haut niveau de filtrage de nos trois concurrentes. Les nids de poules et autres tortures traditionnelles ne remontent pas trop durement dans les vertèbres. Même chez Volkswagen, qui privilégie généralement un toucher de route un peu plus ferme, on propose un châssis de base typé confort sur la Golf. Les clients plus exigeants sur le plan dynamique peuvent toujours opter pour le système d’amortissement piloté (920 euros de supplément). Une proposition inédite pour le segment. De son côté, la Mégane se profile comme un parfait juste milieu entre conduite dynamique et confort de marche. Au pire, pourra-t-on regretter encore un léger manque de retour d’information dans la colonne de direction. Mais le progrès réalisé par rapport à la précédente génération est déjà très appréciable. Fidèle à la philosophie de Citroën, la C4 mise avant tout sur le confort de marche. Les suspensions paraissent moins figées que celles de sa cousine, la Peugeot 308. En conduite plus active, on note toutefois des mouvements de caisse légèrement plus marqués. Cela dit, ils restent toujours parfaitement maîtrisés.


En misant un maximum sur les isolants phoniques, la Golf se montre la plus reposante. Sans atteindre le même niveau de perfectionnement, les deux concurrentes ne déméritent pas sur ce point.

VW Golf 1.6 TDI 105


+


Consommation

Confort de marche

Finition

Insonorisation

Habitabilité



 


Boîte 5 seulement

Rapports de boîte trop longs

Misant sur les émissions de CO2 les plus basses possibles et devant encore compter sur une boîte manuelle à seulement 5 rapports, la Golf se voit légèrement étouffée par la longue démultiplication de sa transmission.


Common-rail


Depuis que Volkswagen a abandonné les injecteurs-pompes dans ses TDI, on ne retrouve plus de différence très marquée avec les blocs diesel de la concurrence. Si le 1.9 TDI était reconnaissable entre tous grâce à sa vigueur et surtout à ses vibrations envahissantes, le nouveau 1.6 TDI 105 présente une carte de visite très semblable à celle du 1.6 HDI 112 du groupe PSA et au 1.5 dCi 110 de Renault. Dans les trois cas, on apprécie le silence de fonctionnement et la souplesse dans les basses rotations. Au final, la différence d’agrément entre les trois modèles tient plutôt à leurs transmissions différentes. Misant sur les émissions de CO2 les plus basses possibles et devant encore compter sur une boîte manuelle à seulement 5 rapports, la Golf se voit légèrement étouffée par la longue démultiplication de sa transmission. A 120 km/h, le régime moteur de la Golf en 5ème est inférieur à celui de la Mégane en 6ème (2.200 tr/min contre 2.450). Les reprises, et l’agrément de conduite, se dégradent encore un peu si l’on opte pour le kit BlueMotion de Volkswagen qui rallonge légèrement la démultiplication finale. Mais bon, évidemment, si cela permet d’économiser 15% de la facture finale… Entre les deux extrêmes (boîte relativement courte pour la Mégane et relativement longue pour la Golf), la C4 présente une transmission aux rapports intermédiaires correctement étagés et à la sixième vitesse longue, parfaite pour les autoroutes (2.000 tr/min à 120 km/h).

Sur le plan de l’automatisme, remarquons néanmoins que Volkswagen et Renault proposent des boîtes à double embrayage particulièrement convaincante. Chez Citroën, pour se passer de la pédale de gauche, il faut encore compter sur une boîte robotisée relativement lente et peu dynamique. A sa décharge, notons tout de même que le système retenu par Citroën est proposé à un tarif un peu plus abordable que chez Renault (1.100 euros de supplément contre 1.400 pour la EDC 6)… et beaucoup plus que chez Volkswagen (2.150 euros pour la DSG 7).


Conclusion


Certes, la nouvelle C4 perd un peu du charme exotique de sa devancière. Le bond en avant sur le plan qualitatif est néanmoins notable et permet de faire oublier rapidement la robe plus classique de la carrosserie. Restant fidèle à la philosophie Citroën, la nouvelle C4 se profile comme la plus confortable du segment. De son côté, grâce à un comportement un peu plus mordant et à un accord moteur-boîte misant davantage sur les performances, la Mégane 1.5 dCi 110 s’avère comme la plus amusante à conduire. Quasiment exempte de défaut, la sixième génération de Golf reste la valeur sûre du segment. Dommage toutefois que dans sa version 1.6 TDI 105, elle doive encore se contenter d’une boîte à 5 rapports à l’étagement assez long.



La Citroën C4 1.6 HDI 112 en quelques chiffres


Moteur : 4 cylindres en ligne,

common-rail turbo diesel; 1.560cc;

112ch à 3.600tr/min;

270 (280) Nm à 2.000tr/min.

Transmission : roues avant.

Boîte : manuelle ou robotisée

à 6 rapports.


L/l/h (en mm) : 4.329/1.789/1.489

Poids à vide (kg) : 1.275

Volume du coffre (l) : 408

0 à 100 km/h (sec.) : 11,3

V-max (km/h) : 190

Conso. mixte (l/100km) : 4,6

CO2 (g/km) : 119

Prix de base (euros TVAC) : 22.080

La Renault Mégane 1.5 dCi 110 en quelques chiffres


Moteur : 4 cylindres en ligne,

common-rail turbo diesel, 1.461cc;

110ch à 4.000tr/min;

240Nm à 1.750 tr/min.

Transmission : aux roues avant.

Boîte : manuelle ou double embrayage

à 6 rapports.


L/l/h (en mm) : 4.295/1.808/1.471

Poids à vide (kg) : 1.215

Volume du coffre (l) : 405

0 à 100 km/h (sec.) : 10,5

V-max (km/h) : 190

Conso. mixte (l/100km) : 4,6

CO2 (g/km) : 120

Prix de base (euros TVAC) : 20.650

 

La Golf 1.6 TDI 105 en quelques chiffres


Moteur : 4 cylindres en ligne,

common-rail diesel, 1.598cc,

105ch à 4.400tr/min,

250 Nm entre 1.500 et 2.500tr/min.

Transmission : aux roues avant.

Boîte : manuelle à 5 rapports

ou double embrayage à 7 rapports

.

L/l/h (en mm) : 4.199/1.789/1.512

Poids à vide (kg) : 1.314

Volume du coffre (l) : 350

0 à 100 km/h (sec.) : 11,3

V-max (km/h) : 189

Conso.mixte (l/100km) : 4,5

CO2 (g/km) : 119

Prix de base (euros TVAC) : 21.447

   



VIE A BORD

Habitabilité

1 Golf
2 C4
3 Mégane


Confort

1 C4
2 Mégane
3 Golf


Rangements

1 C4
2 Golf
3 Mégane

SUR LA ROUTE

Performances

1 Mégane
2 C4
3 Golf


Agrément

1 Mégane
2 Golf
3 C4


Comportement

1 Mégane
2 Golf
3 C4
 
BUDGET

Prix

1 Mégane
2 C4
3 Golf


Equipement

1 Mégane
2 C4
3 Golf


Consommation

1 Golf
2 Mégane
3 C4














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