Petit coupé comme on les M !
L’héritière de la M3 originelle, c’est elle : la BMW Série 1 M Coupé ! Si la compacte munichoise a cédé sa place à une nouvelle génération (essayée dans nos pages le mois dernier), le coupé connaît seulement son apogée avec cette version qui rassemble tous les ingrédients de son aïeule apparue au milieu des années 80 !
Compacte, outrageusement musclée, presque effrayante, la Série 1M (et non pas M1, pseudonyme trop emblématique chez BMW) affiche sans vergogne tout son caractère quel que soit l’angle sous lequel on l’observe. C’est d’ailleurs la première image qui renvoie à la M3 de 1986, dont les extravagants élargisseurs d’ailes se sont assagis au fil des générations pour s’orienter vers des modifications moins voyantes.
Avec la 1M Coupé, les ingénieurs et designers semblent avoir eu carte blanche pour laisser libre cours à leurs pulsions.
M jusqu’au bout des pneus
| Et cela se traduit par des boucliers élargis à l’extrême, creusé de
trois larges écopes à l’avant, bardé d’un agressif diffuseur d’air à
l’arrière supportant les quatre embouts d’échappement. Les passages de
roues sont élargis, de 55 millimètres par rapport à une 135i, ce qui
donne une allure particulièrement râblée à l’auto. Le tout, souligné de
coques de rétroviseurs typiques, à double branches, et d’ailes avant
creusées devant le rappel de clignotant. |
Prix : 51.300 € TVAC
Puissance : 340 ch
V-max : 250 km/h
Conso. mixte : 9,6l/100km
CO2 : 224 g/km |
A l’ouverture de la portière, l’habitacle paraît presque trop sage avec sa présentation noire, tout juste rehaussée de quelques pointes de surpiqûres orange sur le tableau de bord ou la sellerie. Mais l’ambiance sportive est pourtant bien présente, avec des sièges semi-baquets aux multiples réglages et au maintien soigné et des habillages mariant le cuir à l’Alcantara. Les quelques logos M sur le fond du compte-tours ou les seuils de portes se chargent d’afficher l’exclusivité.
Oubliez la discrétion
Dimanche matin, 9h00. Nous réveillons la
1M qui a passé la nuit dehors. Le grognement rauque qu’elle laisse
échapper nous fait presque nous excuser de la tirer de son sommeil de
grand matin, et ne laisse que peu de doutes sur son caractère. Il faut
dire que les ingénieurs allemands semblent avoir œuvré à ce que la
mélodie qui s’envole de l’échappement soit aussi audible que possible.
Même à l’arrêt, on l’entend respirer ! Une respiration qui se transforme
en rugissement à la moindre excitation de la bête via la pédale
d’accélérateur, libérant alors les 340 chevaux et 450 Nm délivrés par le
six cylindres en ligne de 3 litres, suralimenté par deux turbos.
Un cœur qui, combiné à une boîte de vitesses manuelle à six rapports
courte et précise, offre à la Série 1M des performances similaires à
celles de la M3 actuelle ! Grâce en partie à la fonction Overboost, qui
permet de gagner 50 Nm quelques secondes durant, les 100 km/h départ
arrêté sont accrochés en 4,9 petites secondes (4,8 pour la M3) tandis
que seule la bride électronique l’empêche de dépasser les 250 km/h. |
+
Sensations
Présentation
Sonorité
Motricité
|
-
Qualité de certains plastiques
Endurance des freins |
Joueuse efficace !
| Pour transmettre sa cavalerie au sol de
manière optimale, la 1M s’octroie les services d’un différentiel puisque
seules ses roues arrière sont motrices, étroitement surveillées par un
ESP à la rigidité toute germanique. En fonctionnement normal, le
garde-fou électronique ne laissera aucun loisir aux roues de dériver du
moindre millimètre, intervenant même plus souvent qu’il ne faut, au
moindre démarrage sur un petit gravier ou sur sol gras. Heureusement,
deux autres modes nettement plus joueurs sont proposés. Le premier
permet de se faire largement plaisir en faisant la part belle aux
travers et glissades tout en conservant une certaine sécurité lorsque
l’arrière ne demande plus qu’à passer devant, le second étant purement
et simplement la désactivation complète du système. Mais mieux vaut
avoir une certaine habitude du rodéo avant d’en arriver là, car (plus
encore sur route humide comme lors de notre essai) plus question alors
de mener l’auto du bout des doigts ! |
|
En conduite active, la Série 1M bondit des
virages avec une agilité désarmante, avant de s’inscrire parfaitement
dans la courbe suivante au freinage, grâce à la direction hyper-réactive
et millimétrée. Seuls les freins, pourtant de 360 mm à l’avant et 350
mm à l’arrière, semblent avoir moyennement apprécié l’activité,
commençant à se faire entendre (et sentir) après quelques répétitions de
l’exercice seulement.
Revenu à la raison et à un rythme plus détendu, on appréciera encore
l’excellent tarage des suspensions, offrant un compromis quasi-parfait
entre maintien en courbes et filtrage des imperfections.
Conclusion
Plus caractérielle et extravertie (et accessoirement moins chère) que sa
grande sœur M3, la Série 1 M demande plus de tact pour être
apprivoisée. Une machine à sensations délurée, à ne certainement pas
mettre entre toutes les mains ! |
La 1M Coupé
en quelques chiffres
|
Moteur :
six cylindres essence, 2.979cc;
340ch à 5.900tr/min;
450Nm (+50 avec Overboost)
de 1.500 à 4.500 tr/min.
Transmission : aux roues arrière.
Boîte : manuelle à six rapports.
L/l/h (mm) : 4.380/1.803/1.420
Poids à vide (kg) : 1.495
Volume du coffre (l) : 370
Réservoir (l) : 53
0 à 100 km/h (sec.) : 4,9 |
par Nicolas Morlet
Retrouvez cet essai en vidéo
|