Auto Trends - Essais routiers
BMW M5
Novembre 07, 2011 | 1:38
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La preuve par cinq


La Série 5 de BMW se dérive pour la cinquième fois dans sa version super-sportive M. Une nouvelle mouture qui abandonne les mécaniques atmosphériques au profit d’un moteur suralimenté. De quoi lui faire perdre de son caractère ?


La famille M est plutôt du genre soudée. Pour accueillir la grande dernière, les quatre précédentes ont fait le déplacement jusqu’à Séville. Lancée en 1985, la première M5 (E28) se contentait d’un six cylindres en ligne développant 286 chevaux.

Il animait avec brio la berline lourde de 1.430 kg avec un chrono de 0 à 100 km/h réalisé en 6,5 secondes et une vitesse de pointe de 245 km/h. Lancée quatre ans plus tard, la M5 E34 conservait la même architecture moteur mais sa puissance passait la barre des 300 chevaux (315).

Les amateurs de berlines sportives auront dû, ensuite, attendre dix ans avant de voir poindre la troisième génération. L’attente fût néanmoins récompensée puisqu’en 1998, la M5 E39 sortait la grosse artillerie en s’équipant d’un V8 de 5 litres développant 400 chevaux. Une course à l’armement que la quatrième génération (M5 E60) continuait en 2004 en s’offrant encore deux cylindres de plus. Son rageur V10 atmosphérique de 5 litres culminait alors à 507 chevaux. De quoi propulser les 1.780 kg de la bête jusqu’à 100 km/h en 4,7 secondes.  Prix : 108.000€ TVAC
Puissance : 560 ch

V-max : 250 km/h


Conso. mixte: 9,9l/100km

CO2 : 232 g/km
 


Twin Scroll

Pour la première fois de son histoire, la BMW M5 s’équipe d’un moteur turbocompressé. Grâce à l’aide de sa double suralimentation Twin Scroll, le bloc 4,4 litres peut se contenter de huit cylindres tout en offrant des performances sensiblement supérieures au 5 litres V10 atmosphérique de la précédente génération. Le V8 bi-turbo développe 560 chevaux et un couple de 680 Nm. Soit une progression de 10% (puissance) voire 30% (couple) par rapport au V10 précédent, tout en affichant une diminution de sa consommation théorique de plus de 30%. L’armada de la M5 se complète avec la boîte à double embrayage à sept rapports ainsi qu’un différentiel autobloquant mécanique. Un module pour la première fois équipé d’une fonction de blocage variable (de 0 à 100%) commandée électroniquement.


M1 et M2
Fidèle à la tradition M, la M5 reste globalement assez discrète. Du moins si l’on retient une autre peinture que la bleue royale de notre monture d’essai. Histoire de se différencier des simples berlines d’affaire, on retrouve tout de même les rétroviseurs spécifiques, les ouïes latérales, les pare-chocs sportifs ainsi que la quadruple sortie d’échappement typique des productions badgées M. Dans l’habitacle, la sobriété reste également de mise. Par rapport aux autres Série 5, on remarque toutefois une pléthore de boutons autour de la commande de boîte. Le pilote peut effectivement régler les différentes caractéristiques de son véhicule (réponse de l’accélérateur, suspensions, assistance de direction, rapidité des changements de rapport et intervention du système de stabilité) en fonction de son humeur du moment. Deux boutons configurables (M1 et M2), situés sur le volant, permettent de retrouver rapidement ses préférences.   

Berline au long cours

Les premiers kilomètres permettent de se rendre compte que la M5 peut prétendre au titre de berline au long cours. Ses suspensions pilotées en mode confort assurent un filtrage impressionnant des irrégularités pour un modèle au potentiel si sportif, le couple généreux du moteur permet d’évoluer sereinement en toute circonstance et la boîte à double embrayage assure des changements doux. Bref, hormis la consommation qui tourne tout de même autour des 12l/100km en conduite coulée, la M5 n’à rien à envier aux simples berlines diesels…


Efficacité impressionnante

+

Amortissement irréprochable

Moteur ultra-efficace

Electronique personnalisables

Performances inouïes
La petite route de montagne déserte se profile à l’horizon : il est temps d’enfoncer la touche M1 au volant. Configuré avant le départ, ce mode rappelle tous les réglages «Sport». En plus de son étonnante agilité pour un modèle de près de 5 mètres de long, c’est surtout l’efficacité de ses suspensions qui bluffe au fur et à mesure que le tempo augmente. Les routes bosselées de l’arrière-pays n’arrivent pas à mettre à mal la grande Béhème qui digère ses mouvements de caisse à la perfection. Quant au moteur, même s’il se montre moins exubérant et moins chantant que ses prédécesseurs, il séduit par sa disponibilité exceptionnelle. Il faut juste changer sa façon de conduire : nul besoin de taquiner la zone rouge comme avec les précédents blocs atmosphériques. Au contraire, le couple maxi disponible entre 1.500 et 5.750 tr/min incite à changer les rapports très tôt, juste au moment d’atteindre le régime de puissance maxi (entre 6.000 et 7.000 tr/min). Positionnée en rapidité intermédiaire, la boîte à double embrayage commandée depuis les palettes derrière le volant s’avère plus rapide sans être brutale. L’étagement de la boîte est néanmoins particulièrement long. Sauf pour baisser la consommation sur les autoroutes (moins de 2.000 tr/min à 120 km/h en 7ème), on n’a jamais besoin des deux derniers rapports au vu des vitesses déjà supersoniques atteintes en cinquième…
 


Freinage peu endurant en conduite musclée

Consommation et autonomie en conduite sportive



  Freinage

Seul petit bémol : chargés de ralentir près de 2 tonnes, les freins commencent doucement à montrer des signes de faiblesses. La puissance de freinage reste appréciable (étriers fixes à six pistons) mais la course de la pédale s’allonge tout de même de plus en plus…

Un constat confirmé le lendemain sur la piste Ascari. BMW ne compte toutefois pas proposer de freins céramiques compte tenu de la faible proportion de clients utilisant leur M5 sur circuit. C’est dommage pour eux… Car configurée en position «Sport Plus», avec la boîte de vitesses en rapidité maximale (un peu brutale) et les aides électroniques débranchées, elle permet largement de se faire plaisir !
 


Conclusion

Le V8 bi-turbo paraît moins enclin à chanter des sérénades à 8.000 tr/min que le précédent V10 atmosphérique mais son couple généreux disponible à tous les régimes assure des performances canons. De quoi profiter le couteau entre les dents de l’efficacité de l’amortissement jusqu’à plus soif… ou voyager confortablement en soignant sa consommation.



Jean-François Christiaens
La M5 en quelques chiffres

Moteur : 8 cylindres en V, essence,
turbo Twin Scroll; 4.395cc;
560ch de 6.000 à 7.000tr/min;
680Nm de 1.500 à 5.750 tr/min.

Transmission : aux roues arrière.
Boîte : double embrayage à 7 rapports.
L/l/h : 4.910/1.891/1.456 mm
Poids à vide (kg): 1.945
Coffre (l) : 520
Réservoir (l) : 80
0 à 100 km/h (sec.) : 4,4





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