Auto Trends - Essais routiers
BMW Alpina B3 S
Janvier 14, 2011 | 2:19
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Plus près de toi, M3 !

Un six cylindres suralimenté de 400 chevaux sous le capot d’une Série 3, est-ce bien raisonnable ? Pour BMW Alpina, cela n’a absolument rien d’incongru. Au contraire, leur B3 S pimenterait même quelque peu la vie d’une dénommée... M3.

L’essai d’une BMW Alpina est toujours un moment que l’on appréhende avec le sourire aux lèvres. D’un côté, on sait qu’on va retrouver la rigueur germanique de BMW, de l’autre, le savoir-faire de l’artisan magicien de Buchloe. Dès lors, quand on apprend que les responsables d’Alpina se sont mis en tête de proposer une alternative à la sulfureuse M3, on se frotte les mains et on s’impatiente...

Apparences trompeuses

Le jour du rendez-vous, sur le parking de l’importateur, on découvre une Série 3 Coupé qui se démarque de ses sœurs uniquement par ses jantes à rayons et ses boucliers spécifiques. L’habitacle ne fait pas mieux, le tableau de bord s’offrant uniquement des cadrans à fond bleu et quelques écussons Alpina fleurissant ici et là. En vérité, seule, la plaquette numérotée au dessus du rétroviseur rappelle l’exclusivité du modèle. La discrétion à l’état brut ! On aime...  
Cela dit, il ne faut pas se fier aux apparences... Car ce coupé BCBG cache sous son capot un tonitruant six cylindres en ligne. A la lecture de la fiche technique, on reste bouche bée. Ce bloc bi-turbo, emprunté à la 335i et retravaillé dans les ateliers d’Alpina, passe de 306 à 400 chevaux, soit 20 de moins qu’une M3. Par contre, elle affiche une valeur de couple supérieure à celle-ci : 540 Nm contre 400. Evidemment, si ces moteurs n’évoluent pas aux mêmes régimes, on devine que les performances ne sont pas si éloignées. L’envie de vérifier les données officielles est donc manifeste. Avec une différence de poids à vide de 95 kilos en faveur de l’Alpina, le surplus de puissance de la M3 passe à la trappe. Chiffres des constructeurs à l’appui, on réalise que la B3 S fait tout aussi fort que la M3.  Le 0 à 100 km/h est expédié en 4,7 secondes, soit un dixième de mieux que la M3. Le kilomètre départ arrêté est parcouru en 24,1 secondes pour la B3 S et 23,3 secondes pour la M3. Ces différences sont ridicules ! Et, seules, les vitesses de pointe démarquent vraiment ces potentielles rivales. L’Alpina file à 300 km/h tandis que la BMW voit sa vitesse bridée électroniquement à 250 km/h.
Trêve de comparaisons, il est temps de passer aux choses sérieuses ! En s’installant au volant de l’Alpina, on se rappelle que la position de conduite de la Série 3 se trouve aisément et est idéale, mais également que le siège offre un excellent maintien. Et ce, sans pour autant être de type baquet ! Si le levier de la boîte automatique à 6 rapports tombe bien sous la main et fonctionne dans le bon sens (on tire pour monter les rapports, on pousse pour rétrograder), les boutons – idéalement situés à neuf heures quart au dos des branches – permettent quant à eux de ne jamais lâcher le «cerceau». Les amateurs de circuit apprécieront...

A l’exception du coupé-cabriolet, toutes les B3 S peuvent disposer en option de 4 roues motrices.

Sportive 100 % civilisée !

Au quotidien, on se laisse emporter par le mode Drive ou Drive sport. La boîte auto passe les rapports sans à-coup et permet d’adopter facilement une conduite grand tourisme. Les accélérations son dignes de ce nom et les parcours autoroutiers permettent de prendre connaissance de la pleine puissance de ce bloc six cylindres. Par contre, dès que l’on se dégote une petite route sinueuse à souhait et que l’on décide de monter un peu le rythme, on réalise que cette boîte auto a du mal à suivre. En fait, en mode Drive ou Drive Sport, la transmission demande un court temps de réponse. Et cette réponse n’est pas forcément la plus adaptée à la situation ! En effet, à l’écrasement de la pédale, la boîte rétrograde parfois de deux rapports alors qu’un seul aurait suffi. Mais, comme nous l’avons écrit plus haut, Alpina propose un levier et des boutons ergonomiques laissant le pilote gérer la transmission comme il l’entend. On aime !
Quoi qu’il en soit, cette B3 S sous stéroïdes reste facilement maîtrisable. Les fées électroniques y sont pour beaucoup certes, mais ces aides ne se veulent pas pour autant intrusives. Il faut vraiment partir à la faute pour voir clignoter l’un ou l’autre voyant... Cela dit, avec son châssis faisant preuve d’une relative efficacité, sa direction précise et son freinage endurant, le comportement de cette Alpina se révèle plus que prévenant. Il permet donc de se faire plaisir sans s’offrir la moindre sueur froide. De plus, quel que soit le mode de conduite adopté, cette B3 S se veut confortable. Ses suspensions sont fermes certes, mais ne sont pas cassantes. Elles  préservent donc les lombaires du conducteur et de ses passagers. Enfin, la sonorité à l’échappement est, quant à elle, envoûtante. Le ronflement du six cylindres fait tourner les têtes et apparaît même comme la touche ultime de cette B3 S qui, malgré ses apparences, semble bel et bien s’être échappée d’un  circuit...


Avec un prix largement inférieur à celui d’une M3 et des prestations dignes de celle-ci, la B3 S apparaît comme une affaire en or. Son futur propriétaire ne profitera pas du look de la M3 ou des borborygmes de son V8 certes, mais il pourra au moins élargir son choix question carrosserie, cette B3 S étant disponible en versions berline, coupé-cabriolet et Touring.

par Laurent Norro

La B3 S en quelques chiffres :
Moteur : 6 cylindres en ligne, essence, 2.979cc,
400ch à 6.000tr/min, 540Nm à 4.500tr/min.
Transmission : aux roues arrière.
Boîte : automatique à 6 rapports.  
L/l/h (mm) : 4.623/1.782/1.395
Poids à vide (kg) : 1.560
Volume du coffre (l) : 430
0 à 100 km/h (sec) : 4,7
Prix : 65.500 € TVAC
Puissance : 400 ch
V-max : 300 km/h
Conso. mixte : 9,6l/100km
CO2 : 224 g/km


+
Performances de haut vol
Transmission intégrale en option  
Rapport prix / plaisir
 
-
Boîte auto peu réactive
Suspensions fermes
Autonomie limitée




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