Auto Trends - Essais routiers
Audi R8 GT
Janvier 17, 2011 | 8:31
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La R8 «Plus»

Comme pour sa R15 victorieuse au Mans, Audi sort une évolution de sa R8 de route. Elle s’appelle R8 GT mais aurait aussi bien pu s’appeler «Plus», comme la dernière version de sa glorieuse cousine !

Ceux qui ont les moyens de se payer une voiture d’exception ont aujourd’hui l’embarras du choix. Non seulement le nombre de «super-cars» n’a jamais été aussi élevé mais, en plus, les constructeurs ont compris qu’en dériver des séries limitées encore plus performantes et exclusives constituait un juteux business. Dans le cas de l’Audi R8, cela tombait sous le sens. Belle et performante, il lui manquait toutefois ce petit «plus» qui en ferait une auto unique en son genre. Les pontes du marketing de la marque ont donc ordonné aux ingénieurs de créer un objet qui susciterait le désir des plus exigeants. Ils seront 333 à pouvoir en jouir, dont en principe… un seul Belge ! Un chiffre ridiculement bas, lorsqu’on sait que nos voisins Français, par exemple, ont droit à une quinzaine d’exemplaires. Mais on peut bien sûr compter sur nos compatriotes pour se débrouiller. Je connais notamment un Liégeois qui a commandé son exemplaire chez un concessionnaire allemand. Il est donc possible que vous croisiez un jour une R8 GT sur nos routes… mais il faudra bien ouvrir les yeux car ça ne se reproduira sans doute pas de sitôt !

Race pack

Vous ne devriez en tout cas pas avoir trop de mal à reconnaître la GT d’une R8 normale, les différences esthétiques étant certes discrètes mais nombreuses. La plus «spectaculaire» concerne la présence d’un aileron fixe en lieu et place de la version escamotable d’origine. Mais Audi a aussi ajouté un gros extracteur d’air sous le pare-chocs arrière, des appendices aérodynamiques sur les coins de pare-chocs avant, des logos GT sur les ailes, de plus grandes sorties d’échappement ou encore des rétros en carbone redessinés. Enfin, quatre teintes  de carrosserie sont proposées : noir, orange, argent ou blanc.
Bénéficiant du «Race pack», l’habitacle de notre exemplaire d’essai était très spécifique lui aussi. Cette option à près de 10.000 euros comprend un arceau de sécurité, des sièges baquets, des harnais quatre points (entraînant malheureusement la disparition des ceintures traditionnelles), un coupe-circuit (dont l’interrupteur est caché dans le cendrier) et un extincteur spécifique. Ainsi équipée, l’Audi offre une atmosphère «racing» très sympa, d’autant plus qu’elle bénéficie déjà d’origine de quelques touches spécifiques comprenant quelques logos R8 GT rouge, du plus bel effet. La touche final est constituée par le pommeau du levier de vitesses, numéroté de… 0 à 333. Notre voiture d’essai portait en effet le numéro 000/333, ce qui laisse penser qu’il n’y aura en fait pas 333 exemplaires de la R8 GT mais 334. Le numéro 000 ne sera cependant jamais vendu. Mais nous, on l’a essayé !

Allégée
Nous vous le disions en introduction : la R8 GT reprend le moteur de la Lamborghini Gallardo. Pas compliqué puisque la R8 V10 «de base» bénéficie déjà de la même mécanique, mais un peu bridée, justement pour ne pas faire d’ombre à sa sœur italienne. Cette fois, Audi a décidé de lâcher la bride à son modèle phare, qui peut donc enfin profiter de 560 chevaux et de 540 Nm de couple, soit respectivement 35 et 10 de plus que d’habitude.
Prix : 193.000 € TVAC
Puissance : 560 ch
V-max : 320 km/h
Conso. mixte : 13,9l/100km
CO2 : 323 g/km

Mais la R8 GT est aussi et surtout une centaine de kilos plus légère que le modèle dont elle dérive.
Pour arriver à un tel résultat, les techniciens n’ont pas lésiné sur les moyens. Pare-brise moins épais, vitres arrière en polycarbonate, pare-chocs, capot moteur et panneaux latéraux en carbone, batterie légère (- 9 kg !), insonorisation revue à la baisse, acier moins épais pour le coffre, revêtements intérieurs moins lourds…
Le travail n’a pas manqué. Et il y a encore moyen de gagner 9 kilos en optant pour les freins carbone-céramique. Néanmoins, Audi n’a pas appliqué une recette trop extrême, comme BMW l’a par exemple fait pour sa M3 GTS : la R8 GT conserve ses panneaux de portes, son combiné multimédia et la climatisation. Du léger mais du civilisé, donc ! 

320 km/h

Dès la mise en marche du moteur, on devine que cette voiture reste avant tout une Audi. Le bruit du moteur n’est pas plus rageur que dans la V10 classique. On l’entend juste un peu plus dans l’habitacle suite au retrait d’une partie des matériaux insonorisants mais cela reste tout à fait acceptable. La R8 GT est nettement moins bruyante qu’une Lamborghini Gallardo, par exemple. Et on ne vous parle même pas de la version Superleggera de l’italienne !
Le feeling offert par le châssis et la direction relèvent du même esprit. Audi à abaissé la suspension de 10 mm et ajouté du carrossage aux trains avant et arrière mais on retrouve le caractère conciliant et facile d’accès de la R8 traditionnelle. La direction est progressive et les réactions beaucoup moins directes que celles d’une Gallardo. Ce n’est pas un regret, bien au contraire : il eut été dommage qu’Audi nous fasse un ersatz de Lamborghini. Cette R8 GT conserve le caractère prévenant de sa petite sœur et c’est tant mieux. D’autant plus qu’elle est forcément encore plus efficace, avec son moteur qui respire enfin pleinement, sa masse sensiblement moins importante et son comportement optimisé.
Il convient toutefois de préciser que nos impressions ont pu être faussées par la présence de pneus hiver lors de notre essai. Avec de telles enveloppes, une voiture de sport se montre toujours un peu moins efficace et donc souvent plus prévenante qu’avec des gommes normales. Cela explique sans doute aussi pourquoi elle flottait légèrement au freinage à très haute vitesse.
De très hautes vitesses que nous avons dû explorer pour ne pas manquer notre avion à Munich ! Sur les portions à vitesse illimitée des autoroutes bavaroise, nous avons dépassé les 300 km/h, sans toutefois atteindre les 320 km/h revendiqués par le constructeur. A ces vitesses, la R8 GT est fantastique, d’une stabilité exceptionnelle, tout en restant relativement confortable. Je n’ai pas quitté le baquet de gauche pendant trois heures et je n’avais mal nulle part. Les baquets sont donc bien dessinés, même s’ils sont un peu plus durs que ceux d’une Porsche 911 GT3 RS par exemple.
Quant à la boîte de vitesses, d’office séquentielle, elle m’a moins gêné que dans la R8 V10. Sans doute parce que son plus gros défaut, sa relative brutalité, m’a semblé plus acceptable dans cette version plus radicale. Enfin, la consommation affichée par l’ordinateur de bord au terme de cet essai m’a stupéfait : 14,9l/100km. Extrêmement peu vu le rythme adopté. A part une Porsche, aucune voiture aussi performante ne peut rivaliser à ce niveau !

Plus performante et efficace que la version normale, cette R8 GT n’en tombe pas pour autant dans l’excès sportif. Mais cette évolution permet à Audi de proposer pour la première fois une voiture capable d’aller titiller une marque comme Ferrari !
La R8 GT en quelques chiffres

Moteur : 10 cylindres en V, essence, 5.204cc; 560ch à 8.000tr/min; 540Nm à 6.500tr/min.
Transmission : aux quatre roues.
Boîte : séquentielle à 6 rapports.
L/l/h : 4.434/1.930/1.242 mm
Poids en ordre de marche (kg): 1.525
0 à 100 km/h (sec.) : 3,6


Drôle d’idée, nous direz-vous, que d’aller rouler sur circuit en cabrio. Pourtant, l’occasion faisant le larron, nous avons pu effectuer quelques tours de la piste de Mettet en R8 Spyder V10. Ce fut en réalité une excellente surprise, le Spyder se révélant même sous certains aspects plus agréable que le coupé dont il dérive. D’abord, il y a la possibilité de rouler casque au vent, ou d’ouvrir la vitre arrière, pour encore mieux profiter du son magique du V10. Ensuite, en courbe, alors que nous avions trouvé le coupé V10 un peu «pointu» à piloter, avec des réactions assez brutales et parfois difficiles à contrôler lorsqu’on déconnecte l’ESP, le Spyder se révèle plus prévenant. Sans doute un effet de sa rigidité forcément un peu moins parfaite, ou alors de réglages de trains adaptés pour être plus conciliants. Bref, il est possible de prendre encore plus de plaisir avec la version cabrio qu’avec le coupé. Evidemment, mieux vaut ne pas faire de tonneau, même si les arceaux automatiques sont censés vous sauver en cas de problème. Mais nous préférons ne pas essayer !
 En R8 Spyder sur circuit





Si vous voulez vous aussi vous amuser sur circuit, n’hésitez pas à faire un tour sur  www.circuit-mettet.be, vous y trouverez plein de renseignements intéressants.

Drifts en V8

Le hasard du calendrier nous a également amenés à rouler en R8 V8 Coupé sur le circuit de Hockenheim, la même semaine qu’avec le Spyder à Mettet. De quoi nous rappeler à quel point la version V8 de base - avec boîte manuelle SVP ! - est plaisante à piloter. Un vrai jouet, avec lequel le drift (art de faire glisser la voiture de manière spectaculaire sans tomber dans l’excès) est un régal pour le pilote et le passager.
Décidément, quelle que soit la R8, il y a toujours du plaisir à la clé !

Par Stéphane Lémeret



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