Auto Trends - Essais routiers
Aston Martin Virage
Novembre 03, 2011 | 12:37
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Exquise surprise !

Simple DB9 légèrement retouchée et un peu plus puissante, la Virage ? Détrompez-vous !

Pour être tout à fait honnête, avant de la découvrir, je me demandais un peu pourquoi j’allais essayer cette voiture reprenant le châssis, le style et le V12 de la DB9. «Encore une déclinaison loin d’être indispensable d’un modèle existant», me disais-je en substance. Après un essai approfondi, je peux pourtant affirmer que cette voiture possède sa propre personnalité. Et qu’il s’agit même à mes yeux de la meilleure Aston actuelle… et donc de tous les temps !

Chef-d’oeuvre

Séduisante dès le premier regard, la Virage reste au moins aussi belle lorsqu’on la regarde attentivement. Ce qui m’a le plus étonné, c’est sa modernité. Les quelques modifications apportées par rapport à la DB9 (nouveaux sillons entre les phares et le capot, éléments aérodynamiques redessinés…) font qu’on ne ressent pas du tout le fait que son dessin original remonte désormais à près de dix ans.
Décidément, le designer Henrik Fisker avait réalisé un petit miracle. Et ses successeurs s’en montrent dignes car la Virage est encore plus belle que la DB9 : à la fois plus élancée et plus sportive, tout en restant d’une élégance absolue ! Les phares repris de la quatre portes Rapide et la calandre aux lamelles en métal chromé n’y sont pas étrangers.
Prix : 192.900 € TVAC
Puissance : 490 ch
V-max : 299 km/h
Conso. mixte : 15l/100km
CO2 : 349 g/km 

Le petit plus

La Virage reprend donc le 6 litres V12 de la DB9 mais avec quelques chevaux de plus. 20, très exactement, ce qui porte le total à 490. En revanche, il perd 30 Nm de couple, ce qui fait descendre la valeur maxi de ce dernier à 570 Nm. Rien de catastrophique mais cela démontre que c’est la cartographie moteur qui a été modifiée plutôt que le bloc lui-même. Une évolution que l’on pourrait presque qualifier de «low-cost» si nous n’étions pas chez Aston Martin ! Pourtant, et c’est la deuxième excellente surprise réservée par la Virage, ces quelques changements apparaissent comme extrêmement bénéfiques. Le couple reste en effet suffisant, mais ces 20 chevaux supplémentaires obtenus 500 tr/min plus haut apportent le petit plus qui manque à la DB9. Dans cette configuration, le V12 fait preuve de caractère et fait oublier qu’il n’est pas le plus puissant du genre. Il donne envie de monter dans les tours et il n’est d’ailleurs pas rare d’aller toucher le limiteur de régime situé à environ 6.800 tours. Il faut dire que le fait que l’affichage du rapport engagé s’éclaire en rouge au tableau de bord ne suffit pas vraiment à attirer l’attention du conducteur, en tout cas de jour. Et le compte-tours, toujours inversé, ne comprend toujours pas de zone rouge. Elégant mais pas pratique !


On n’en dira pas autant du reste. Comprenez que la présentation de l’habitacle est absolument parfaite et qu’on apprécie d’y trouver autant de petits espaces de rangement, deux confortables places pour enfants à l’arrière et un coffre suffisamment logeable.

Pour en revenir au moteur, avouons quand même que le fait d’avoir perdu 30 Nm, qui plus est avec une valeur maxi située à 5.750 au lieu de 5.000 tr/min oblige quand même à rétrograder plus souvent qu’avec une DB9. Mais comme l’excellente boîte automatique 6 rapports à commandes au volant est livrée de série, le problème n’en est pas vraiment un, les vitesses redescendant avant même qu’on ait eu le temps de finir le mouvement des doigts de la main gauche !
Et puis, si vous aimez rouler tranquillement, sachez qu’il y a quand même 480 Nm dès 1.500 tr/min. Confortable !


Affichant une tenue de route exemplaire, la Virage porte bien son nom !

+

Suspension ADS fabuleuse

Caractère moteur plus affirmé

Encore plus belle que la DB9 !

Tenue de route très efficace
Confort préservé
Présentation irréprochable
Vive l’ADS !

«Adaptive Damping System» : cet amortissement adaptatif déjà vu sur le haut de gamme DBS et la Rapide équipe également la Virage. C’est le troisième élément qui fait de cette «DB9 améliorée» une Aston d’exception. Car cette suspension développée avec Bilstein fait de véritables miracles ! En mode normal (il existe aussi une position Sport durcissant artificiellement les amortisseurs), la Virage s’adapte en continu à votre style de conduite et au profil de la route, pour offrir un compromis parfait en toutes circonstances. J’ai véritablement été bluffé par l’efficacité de ce système, qui rend cette belle anglaise aussi confortable qu’une Jaguar en ligne droite et aussi efficace qu’une super-sportive italienne en virages. Seule la masse de l’ensemble (proche de 1,8 tonne) se ressent légèrement. Mais malgré le poids du moteur, le train avant est incroyablement incisif, avec très peu de sous-virage en entrée de courbe. Pourtant le train arrière suit docilement, même lorsque vous freinez très tard, ce qui est rendu possible par les excellents freins en carbone-céramique. Et en sortie de courbe, si vous avez pris soin de déconnecter partiellement l’ESP, vous pouvez remettre les gaz très tôt : la voiture ne sous-vire toujours pas, et le train arrière vous aide même à enrouler la fin du… virage ! A croire que c’est pour cette capacité à s’extraire aussi vite des difficultés que cette voiture a hérité de cette appellation !
 
Encore plus belle qu’une DB9, la Virage est une des Aston Martin les plus réussies.
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Sièges mal dessinés

Manque de couple à moyen régime

Supplément de prix important
 
 



Finissons quand même par deux petits regrets. Premièrement, un léger manque de couple vers les 4.000 tr/min, ce qui empêche de profiter pleinement des qualités du châssis. En sortie de courbe, on aimerait que ça pousse encore plus fort ! En revanche, la meilleure allonge du moteur à haut régime permet de mieux profiter de sa sonorité envoûtante, sans qu’elle ne soit jamais envahissante sur longs parcours. De longs déplacements qui sont malheureusement un peu douloureux pour les grands gabarits en raison de sièges mal dessinés, à l’assise trop courte. Au passage, notons que leur maintien latéral pourrait aussi être meilleur, afin de pouvoir mieux profiter des qualités de tenue de route de l’engin.
Mais ne nous arrêtons pas à cela et saluons plutôt le travail d’Aston Martin, qui a su créer une voiture à la personnalité marquée tout en conservant presque toutes les qualités de la DB9.
 La Virage en quelques chiffres
Moteur : V12 essence, 5.935cc;
490ch à 6.500tr/min;
570Nm à 5.750tr/min.

Transmission : aux roues arrière.
Boîte : auto 6 rapports.
L/l/h (mm) : 4.700/1.900/1.280
Poids à vide (kg) : 1.785
0 à 100 km/h (sec.) : 4,6


Conclusion

Avant la Virage, notre Aston préférée était la Vantage V12. Mais même si elle est 26.800 euros plus chère qu’une DB9, la nouvelle venue nous a fait changer de camp !


Par Stéphane Lémeret




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