Auto Trends - Essais routiers
Artega GT
Mai 10, 2011 | 1:05
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Exclusivité avant tout !

En ces temps difficile, l’arrivée d’un nouveau constructeur dans la jungle automobile constitue bien sûr déjà un événement en soi. Mais lorsqu’il produit un coupé exclusif de 300 chevaux vendu plus de 80.000 euros, faut-il crier au miracle ou au fou !?

A la base, la conception est allemande. C’est la société Paragon, spécialisée dans l’électronique automobile, qui a présenté l’Artega au Salon de Genève 2007. Mais la crise a un peu bouleversé ses plans et finalement, cette jolie voiture ne doit sa survie qu’à des investisseurs mexicains, propriétaires entre-autres des bières Corona !

Pour mettre le projet sur des rails, ces derniers se sont tournés vers des spécialistes, dont un certain Gabriele Rafanelli, l’ancien patron du team Bigazzi. Une équipe de course qui a remporté de nombreuses fois nos 24 Heures de Spa avec BMW et notamment Jean-Michel Martin derrière le volant. C’est donc tout naturellement que ce dernier, déjà concessionnaire BMW et importateur Alpina, a été choisi pour commercialiser Artega en Belgique.


Moteur de Porsche

Côté technique, si le châssis alu-acier-carbone est spécifique, la mécanique en revanche est d’origine Volkswagen. Le moteur est le même 3.6 VR6 essence de 300 chevaux que celui de la Porsche Panamera, tandis que la boîte est la très réputée DSG 6 (séquentielle double embrayage). Mais la particularité de l’Artega est qu’elle regorge de perfectionnements électroniques, ce qui n’a rien d’étonnant vu ses origines (rappelez-vous, Paragon…).  

Prix : 81.000 € TVAC
Puissance : 300 ch
V-max : 270 km/h

Conso. mixte : 8,9l/100km

CO2 : 220 g/km 
Du coup, l’habitacle est certes sportif mais aussi un peu déroutant : il faut un certain temps – et même un temps certain – pour s’habituer aux commandes. Tout est tactile et pas toujours logique pour ceux qui n’ont pas fait d’études d’ingénieur. Le GPS, dont l’écran et les commandes sont intégrés au rétroviseur central, est par exemple le prototype de ce qu’il ne faut pas faire dans une voiture, qui plus est sportive : le régler est pour ainsi dire impossible en roulant et le déchiffrer n’est pas commode non plus. De même, faire fonctionner la radio ou la climatisation demande grande réflexion et impose des mouvements pénalisants en matière de sécurité. Les jeunes passionnés d’informatique apprécieront peut-être mais les autres pas du tout !
Le coffre de 300 litres (situé à l’avant puisque le moteur est central) est en revanche suffisant pour partir en week-end à deux, le nombre de places qu’offre l’Artega.
 Joliment dessinée, l’Artega mériterait un différentiel autobloquant.


Pas une fille facile

Si le mode d’emploi est indispensable pour pouvoir utiliser les fonctions de son habitacle,  il en va de même lorsqu’il s’agit de «piloter» l’Artega. Ceux qui se risqueront à déconnecter le système ESP anti-sortie de route devront être conscients des limites de l’engin, qui réagit parfois de manière très brutale. L’empattement (distance entre les roues avant et arrière) très court y est sans doute pour quelque chose, la GT étant moins longue qu’une Renault Clio ! Toujours en conduite très active, les amateurs d’efficacité et de plaisir regretteront l’absence de différentiel autobloquant, ce qui empêche d’entretenir les dérapages plus ou moins contrôlés. Certes, la motricité est très bonne pour une simple propulsion, mais les puristes ne lui pardonneront pas ce manquement.
En conduite sportive civilisée, l’Artega se révèle beaucoup plus agréable, son efficacité étant même assez impressionnante, tandis que son ESP ne se montre pas trop intrusif. On pourrait donc la considérer comme une vraie et bonne «Grand Tourisme» si son moteur était un peu mieux insonorisé. Au début, le bruit du V6 est amusant mais sur autoroute, il devient vite envahissant, même à vitesse stabilisée.
 

+
Exclusivité
Performances
Efficacité globale
 Restent, du côté des points positifs, des sièges baquets particulièrement bien dessinés, des performances de très haut vol (300 chevaux pour moins de 1.300 kilos, ça parle !), des freins Brembo très convaincants et une boîte DSG toujours aussi agréable en toutes circonstances. Dommage quand-même que les palettes au volant commandant cette dernière ne soient pas un peu plus grandes. Dernier point négatif : le diamètre de braquage vraiment démesuré pour une si petite voiture. Des défauts pardonnables… sauf que pour le même prix, vous pouvez opter pour une Porsche Cayman R aussi bien équipée et absolument irréprochable en tous points.

Prix
Ergonomie
Insonorisation
Pas d’autobloquant
Brutalité des réactions

CONCLUSION

L’Artega GT s’adresse à une clientèle recherchant avant tout l’exclusivité car à ce tarif-là, on ne risque pas d’en voir à tous les coins de rues !

Stéphane Lémeret
L’Artega GT en quelques chiffres

Moteur : V6 à 90° à injection directe,
essence, 3.597cc;
300ch à 6.600tr/min;
350Nm entre 2.500 et 5.000 tr/min.


Transmission : aux roues arrière.

Boîte : DSG à 6 rapports.
L/l/h : 4.015/1.882/1.180 mm
Poids en ordre de marche (kg): 1.285
0 à 100 km/h (sec.) : 4,8






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