Auto Trends - Essais routiers
Alfa Giulietta 1.6 JTDM Renault Mégane 1.5 dCi Volkswagen Golf 1.6 TDI
Janvier 27, 2011 | 2:09
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COMPARATIF

Alfa Giulietta 1.6 JTDM

Renault Mégane 1.5 dCi

VW Golf 1.6 TDI

Cartes sur table

La compacte d’Alfa n’est plus un numéro. La 147 quitte le catalogue et cède le flambeau à la jolie Giulietta, la nouvelle dame de cœur de la maison italienne qui entend bien remporter la partie. Mais attention, Renault, le roi du marché, ne devrait pas laisser filer la première place de sa Mégane aussi facilement. D’autant plus qu’en embuscade, la Golf pourrait finalement rafler la mise grâce à son atout BlueMotion, l’as des réductions de CO2…

Ils ont beau remplir les pages des magazines avec leurs nouveautés incessantes, les segments les plus en vogue - comme celui des SUV par exemple - sont encore loin de détrôner les traditionnelles berlines. A elles seules, ces dernières représentent toujours un peu plus de la moitié du marché total en Belgique (51,6%). Inutile de préciser qu’en coulisses se livre une bataille véritablement acharnée. Un petit coup d’œil vers les statistiques d’immatriculations de la première moitié de l’année 2010 permet de sacrer la Golf. Tout juste derrière la plus petite Fiesta (8.930 exemplaires), la mythique berline allemande caracole en tête des ventes (8.890) sur le segment des berlines. Après un excellent démarrage, la Renault Mégane s’essouffle un peu et se hisse seulement à la 13ème place. Heureusement, le triomphe des versions dérivées (coupé, break et surtout les monovolumes Scénic) permettent à la famille Mégane (14.838 exemplaires) de se hisser sur la première marche au hit-parade des modèles les plus vendus, tous segments confondus, en Belgique. Juste devant la famille Golf (11.994)…

Architecture «Compact»

Face à ces deux poids lourds du marché, Alfa arrive fièrement avec sa Giuletta. Un modèle qui, selon le constructeur italien, étrenne une base technique annoncée comme totalement nouvelle. La description technique de cette nouvelle plate-forme a de quoi mettre en appétit. Baptisée «Compact», elle promet un haut degré de confort tout en conservant des performances dynamiques de haut vol. Pour remplir ce contrat, Alfa mise sur une structure composée d’aciers à haute et très haute limite élastique (90% de la masse totale). Le programme d’amincissement de la Giulietta comprend également l’utilisation de matériaux légers comme l’aluminium, le magnésium ou le xénoy (un matériau thermoplastique) pour certains éléments structurels. Un programme de choc destiné à combiner rigidité et légèreté. A motorisation équivalente, d’après les fiches techniques fournies par les constructeurs, la Giulietta affiche toutefois 67 kilos de plus que la Golf et carrément 170 de plus que la fluette Mégane !

Grande bringue

A sa décharge, Juliette est la plus grande du lot (4,35 mètres). Elle dépasse la Golf d’un bon 15 centimètres (4,20m) et la Mégane de 60 millimètres (4,29m). Une hiérarchie que l’on ne retrouve pas en largeur (1,81m pour la Mégane contre 1,80 pour la Giulietta et 1,79 pour la Golf), ni en hauteur. C’est même l’Alfa qui affiche le pavillon le plus bas (1,46m contre 1,47 pour la Renault et 1,51 pour la VW). En plus de ses lignes aguichantes, l’Alfa peut donc compter sur des mensurations de mannequin pour séduire. Effectivement, ses dimensions élancées rendent la Giulietta particulièrement dynamique, même à l’arrêt.

Richesse intérieure

La forme, c’est chouette. Mais si l’on ne recherche pas uniquement une relation superficielle, c’est loin d’être suffisant ! Si on se penche un peu sur le fond, est-ce que notre starlette italienne tient la comparaison avec ses plus sages concurrentes ? Aux places arrière, la Giulietta pèche par une accessibilité moyenne à cause de son pavillon fuyant et de l’angle assez étroit d’ouverture de ses portières. Rien de catastrophique pour une utilisation courante. Mais tout de même de quoi rendre plus difficiles les manœuvres lorsqu’il est question d’attacher un enfant dans un siège, par exemple. Une fois installé sur la banquette arrière, on remarque également un garde au toit légèrement inférieure (-5 cm) à celles des deux concurrentes. A nouveau, rien de catastrophique. Mais si vos ados mesurent déjà plus d’un mètre quatre-vingt à 15 ans… évitez l’Alfa ! Dernière remarque concernant l’hospitalité de l’italienne : la ceinture de caisse ascendante conjuguée au pavillon fuyant limite la surface vitrée à l’arrière. Un détail qui peut conférer un sentiment d’inconfort à certains passagers. Cela limite, en outre, la visibilité trois-quarts arrière du conducteur lors des manœuvres. Dans les trois cas, le tunnel de servitude encombrant destine plutôt nos concurrentes à emmener quatre que cinq personnes à bord. Malgré ses centimètres de carrosserie supplémentaires, l’Alfa n’offre pas plus de place pour les jambes. Au contraire, à ce petit jeu, c’est même la plus compacte, la VW, qui se montre la plus généreuse.

Le style avant tout

Comme pour l’accès aux places arrière, l’Alfa sacrifie légèrement le côté pratique de son coffre sur l’autel du style. Le seuil d’accès est situé légèrement plus haut que chez les deux concurrentes. Mais il est surtout particulièrement plus étroit à sa base (seulement 85 cm de large contre 95  pour la Golf et 100 pour la Mégane). Par contre, côté volume l’italienne n’a pas à rougir par rapport aux deux concurrentes. Avec 350 litres, elle offre exactement le même espace utile qu’à bord de la Golf. Avec ses 377 dm3, la Mégane se démarque légèrement.

Premier coup d’œil

Aucune de nos concurrentes n’est adepte du hiatus entre l’aspect extérieur et la présentation intérieure. Sans surprise, la Golf affiche un tableau de bord sobre et relativement austère. Pas de fioritures donc, mais une qualité de finition irréprochable. L’ergonomie est également soignée et les espaces de rangement volumineux et suffisamment nombreux. Comme à l’accoutumé chez Volkswagen, la position de conduite bénéficie en outre d’amples réglages. De quoi satisfaire tous les gabarits. Par rapport à la précédente Mégane, la nouvelle génération se distingue par la qualité nettement en hausse des plastiques utilisés. Côté style, la planche de bord se distingue par le mélange de ses cadrans analogique et digitaux. Petit bémol sur le plan de l’ergonomie : l’accoudoir central fixe ne permet pas de déposer facilement son bras droit lors des longs trajets autoroutiers. A bord de la Giulietta, la présentation est moins destinée à contenter toute la famille qu’à flatter les sens du conducteur. Du coup, on retrouve dans l’habitacle le même esprit plus sportif que celui qui a dominé au moment de dessiner les lignes extérieures. L’habitacle est moins pratique (peu de rangements) et beaucoup moins lumineux que celui des Mégane et Golf. Le pare-brise plus étroit confère au contraire plutôt l’impression de rouler à bord d’un coupé. Les matériaux utilisés pour habiller la planche de bord, sans être exceptionnels, ne souffrent pas la critique. Côté style, la Giulietta se démarque par ses interrupteurs typés aviation, ses grands cadrans circulaires et son levier de vitesses rond au look métallique. Bref, un habitacle à la tendance sportive affirmée. Encore plus si l’on opte pour le second niveau de finition (Distinctive). Le volant hérite alors de surpiqûres rouges et d’un revêtement en peau retournée sur la moitié de sa circonférence. De quoi donner envie de se mettre à la quête de routes sinueuses !

 
Moteur : 4 cylindres en ligne,
 common-rail turbo diesel;1.598cc;

105ch à 4.000tr/min;
280Nm à 1.500tr/min
.

Transmission : roues avant.
Boîte : manuelle à 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.351/1.798/1.465
Poids à vide (kg) : 1.385
Volume du coffre (l) : 350
0 à 100 km/h (sec.) : 11,3
V-max (km/h) : 185
Conso. mixte (l/100km) : 4,4
CO2 (gr/km) : 114

La Giulietta 1.6 JTDM 105

 

Prix de base (TVAC) : 20.090 €

 +
Ligne séduisante
Direction consistante
Sélecteur DNA de série
Vigueur du moteur au-dessus de 1.750tr/min
Stop&Start de série

 -
Manque de peps dans les basses rotations
Filtrage des suspensions moyen
Accessibilité aux places arrière
Seuil de coffre étroit et haut
Espaces de rangement comptés

Payer plus pour payer moins

Avant de se mettre en chasse des virages, survolons rapidement les motorisations retenues pour animer nos trois concurrentes. En diesel, Alfa propose deux mécaniques pour sa Giulietta : le 2.0 JTDM 163ch ou le plus accessible 1.6 JTDM 105ch (à partir de 20.090 euros). Destinée à réaliser la majorité des ventes chez nous, c’est cette dernière mécanique que nous avons retenu pour ce comparatif. Chez Renault, même si la Mégane dérive son 1.5 dCi en version 105ch (à partir de 20.450 euros), nous avons préféré opter pour la version 110ch (20.950 euros). Contre 500 euros supplémentaires, on dispose en effet d’une mécanique plus récente, plus souple, plus propre (Euro 5 et non Euro 4) et surtout équipée en série d’un filtre à particules. La prime offerte par l’Etat (210 euros) réduit donc la différence de prix entre les deux versions à seulement 290 euros. Chez VW, nous avons opté pour le 1.6 TDI 105ch (20.970 euros). Histoire de bénéficier de la ristourne fédérale de 15%, toujours en application pour les véhicules émettant moins de 105g CO2/km, nous lui avons ajouté le «kit» BlueMotion (un attirail comprenant notamment une assiette surbaissée, des rapports de transmission allongés et une gestion moteur perfectionnée). Si cet équipement augmente légèrement le prix d’achat (22.120 euros), les largesses de l’Etat permettent au client de ne débourser au final que 18.800 euros. Voilà donc la Golf, à motorisation équivalente, environ 2.000 euros moins chère que ses deux concurrentes…


 Moteur : 4 cylindres en ligne,
common-rail turbo diesel, 1.461cc;

110ch à 4.000tr/min;
240Nm à 1.750 tr/min.


Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.295/1.808/1.471
Poids à vide (kg) : 1.215
Volume du coffre (l) : 372
0 à 100 km/h (sec.) : 10,5
V-max (km/h) : 190
Conso. mixte (l/100km) : 4,6
CO2 (gr/km) : 120

La Mégane 1.5 dCi 110



Prix de base (TVAC) : 20.950


 +
Confort de marche
Etagement de la boîte
Disponibilité du moteur
Poids contenu
Volume de coffre

 -
Pas de système Stop&Start

En route ?

Petit coup d’œil dans le rétroviseur : cent mètres seulement après le départ de notre périple, la Giulietta a déjà disparu de la circulation ! Après un demi-tour, la situation s’éclairci : notre collègue d’un jour n’a pas réussi à actionner le démarreur… C’est une constante dans le groupe Fiat : le barillet joue parfois les récalcitrants ! Après une nouvelle tentative, le quatre cylindres diesel s’ébroue enfin. Cette fois, c’est parti pour de bon ! A bord de la Mégane, on apprécie surtout l’excellent travail des suspensions. Tout en maintenant parfaitement les mouvements de caisse en conduite dynamique, le filtrage des suspensions est excellent (info : si vous préférez la ligne de la Mégane coupé, sachez que les suspensions sont alors beaucoup plus sèches !). Bon point également pour l’accord moteur/boîte de la Mégane. Les six rapports qui ne tombent pas dans le piège de la démultiplication à outrance (2.450 tr/min à 120 km/h), la relative légèreté de la voiture et la vigueur du 1.5 dCi permettent de rouler tout en souplesse, même dans les basses rotations. Pourtant, sur le papier, c’est le bloc Renault qui paraît le moins disponible : 240 Nm à partir de 1.750 tr/min contre 250 et 280 Nm à 1.500 tr/min respectivement pour la Golf et la Giulietta. Lorsque l’on opte pour la position «Dynamic» du contrôle DNA modifiant les paramètres de l’Alfa, le couple disponible grimpe même jusque 320 Nm à 1.750 tr/min. La poussée est alors moins linéaire et plus brutale. Un tempérament qui correspond bien au comportement plus sportif offert par l’Alfa. La direction présente une excellente consistance et commande un train avant incisif. Au prix d’un toucher de route légèrement plus ferme, la Giulietta s’avère amusante et dynamique. Une belle réussite. De son côté, si le kit BlueMotion permet à la Golf de baisser ses émissions de CO2 sous la barre des 100g/km, le long étagement de sa transmission pénalise légèrement l’agrément de conduite. D’autant plus qu’à démultiplication finale identique (environ 2.000 tr/min à 120km/h), la Golf doit se contenter d’une boîte à seulement 5 rapports (boîte 6 dans l’Alfa). Sur les axes secondaires, il faut donc ne pas hésiter à jouer du levier pour disposer de relances vigoureuses. Par contre, sur les autoroutes, la Golf reste la reine et dévore les kilomètres dans un silence de limousine tout en se contentant d’avaler les décilitres de diesel avec parcimonie (5,3l/100km en utilisation moyenne durant notre essai, contre 5,7 pour la Mégane et 6,1 pour la Giulietta).


 Moteur : 4 cylindres en ligne,
common-rail diesel, 1.598cc,

105ch à 4.400tr/min,
250 Nm entre 1.500 et 2.500tr/min.


Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle 5 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.199/1.789/1.512
Poids à vide (kg) : 1.318
Volume du coffre (l) : 350
0 à 100 km/h (sec.) : 11,3
V-max (km/h) : 190
Conso.mixte (l/100km) : 3,8
CO2 (gr/km) : 99

 La Golf 1.6 TDI 105 BlueMotion


Prix de base (TVAC) : 22.120

 +
Consommation
Confort de marche
Stop&Start de série
Finition
Insonorisation
Habitabilité
Ristourne fédérale de 15%

 -
Boîte 5 seulement
Rapports de boîte très longs

Conclusion

Autant il faut parfois se battre contre les idées reçues, autant ce rendez-vous au sommet entre trois marques européennes confirme les stéréotypes qui règnent dans le domaine automobile… L’italienne mise avant tout sur sa plastique et le traitement sportif de son habitacle. Sur la route, elle convainc par sa direction consistante et son comportement dynamique. La française se démarque par son toucher de route confortable, la souplesse de son moteur, l’accessibilité de son coffre et la luminosité de son habitacle. L’allemande brille, quant à elle, par le soin apporté à sa finition, son insonorisation irréprochable, son rapport encombrement/habitabilité étonnant et l’excellent rendement énergétique de ses motorisations. Vous voilà donc avec toutes les cartes en main... il ne reste plus qu’à choisir votre atout !


VIE A BORD

Habitabilité
   1. Golf
   2. Mégane
   3. Giulietta

Confort
   1. Mégane
   2. Golf
   3. Giulietta

Rangements
   1. Golf
   2. Mégane
   3. Giulietta
 
SUR LA ROUTE

Performances
   1. Giulietta
   2. Mégane
   3. Golf

Agrément
   1. Mégane
   2. Giulietta
   3. Golf

Comportement
   1. Giulietta
   2. Mégane
   3.  Golf
 BUDGET

Prix
   1. Golf
   2. Giulietta
   3. Mégane

Equipement
   1. Mégane
   2. Giulietta
   3. Golf

Consommation
   1. Golf
   2. Mégane
   3. Giulietta




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